Qu’est-ce que la bigorexie ?
Définition d’un mal invisibleLa bigorexie (parfois appelée complexé d'Adonis) est reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme une addiction comportementale. Elle se définit par un besoin irrépressible et compulsif de pratiquer une activité physique de manière intensive.
Contrairement au sportif passionné, la personne souffrant de bigorexie ne fait plus du sport pour le plaisir, mais pour combler un vide ou apaiser une anxiété profonde liée à son apparence physique ou à ses performances.
- Comment reconnaître les symptômes de l’addiction au sport ?Les signes de la bigorexie sont souvent subtils car ils se cachent derrière une habitude saine en apparence. Voici les principaux indicateurs :
L'obsession du planning : Le sport devient la priorité absolue, au détriment de la vie professionnelle, sociale et familiale.
Le sentiment de manque : Une irritabilité, de l’anxiété ou de la culpabilité apparaissent dès qu’une séance est manquée.
Le déni de la douleur : Le bigorexique continue de s’entraîner malgré des blessures graves (fractures de fatigue, déchirures).
La dysmorphie corporelle :Une vision déformée de son propre corps, avec l'impression de ne jamais être assez musclé ou assez mince.
L’augmentation constante de l’intensité : Une recherche perpétuelle de dépassement des limites pour obtenir la même dose d'endorphines.
- Quelles sont les causes de ce trouble ?La bigorexie repose souvent sur un mécanisme biochimique. Lors d'un effort intense, le cerveau libère des endorphines et de la dopamine, les hormones du bien-être. À terme, le sportif peut devenir dépendant de cet "état de grâce" naturel.
Sur le plan psychologique, elle touche souvent des profils en quête de contrôle, ayant une faible estime de soi ou cherchant à évacuer un stress chronique.
- Les conséquences de la bigorexie sur la santéPratiquer du sport à outrance sans laisser au corps le temps de récupérer présente des risques sérieux :
1. Risques physiques : Épuisement total (burn-out sportif), problèmes cardiaques, usure prématurée des articulations et déséquilibres hormonaux.
2. Risques sociaux :*Isolement progressif, rupture des liens sociaux et familiaux.
3. Risques psychologiques :Dépression, troubles du comportement alimentaire (TCA) et anxiété généralisée.
- Comment sortir de la dépendance au sport ?Le sevrage de la bigorexie est complexe car, contrairement à d'autres addictions, on ne peut pas demander au patient d'arrêter totalement de bouger. La prise en charge est généralement pluridisciplinaire :
Thérapie cognitive et comportementale (TCC) : Pour travailler sur l'image de soi et le rapport au corps.
Suivi nutritionnel :Pour réapprendre à nourrir son corps sans obsession de la calorie ou de la masse grasse.
Accompagnement en hypnothérapie et en psychologie énergétique EFT
Préparation mentale du sportif
Bon à savoir :Le sport doit rester un outil de bien-être et non une prison. Apprendre à écouter ses signaux de fatigue est la première étape vers la guérison.
Natalia Lefebvre, professionnelle de l'hypnose, de la psychologie et des TCA